La fin d’un rêve….

Comme vous le savez sûrement déjà ma saison de skicross s’arrête là au pied des jeux olympiques, sur la dernière piste de coupe du monde avant l’évènement tant attendu de l’hiver.

J’ai reçu beaucoup de messages de soutient qui m’ont fait très chaud au cœur.

 

Je suis certes très déçue de ce qui m’arrive car je trouve que c’est vraiment un des pires moment pour une première blessure mais comme je dis, le skicroos est un jeu et j’ai joué, j’ai perdu. C’est vrai que cette petite erreur me coûte chère et m’enlève toutes mes espérances pour les jeux olympiques. C ‘est dur car les JO on y pense tous les jours quand on est athlète, depuis 2 ans c’est plus ou moins le fil conducteur de ma vie, le but ultime.

Mais voilà, je fais un sport à « risques » et je pense que pour ne pas se blesser il faut deux choses essentielles : le physique et un peu de jugeotte (bien sur il y a aussi de la chance mais c’est un paramètre que l’on ne peut pas maîtriser). Je pense avoir fait ce qu’il faut au niveau physique par contre je suis sure que j’ai fait un mauvais choix tactique sur le parcours de Lake Placid…

 

Laissez- moi vous expliquer, le traçé était assez spécial, surtout pour les filles car la vitesse n’allait pas avec les modules. Pour résumé,il y avait un enchaînement de deux sauts plus deux oopppss où l’on arrivait trop vite pour amortir (il fallait freiner avant) et trop doucement pour tirer (sauter par-dessus). À l’entraînement, j’avais trouvé une bonne combinaison et j’arrivais à bien amortir les ooopppsss sans freiner tout en restant au maximum en contact. Seulement j’avais l’impression de perdre ma vitesse. On m’avait dit qu’une fille avait réussi à doubler ces fameux oopppss. Je me suis donc dit que si j’y arrivait moi aussi j’aurais un bon temps en qualif et que je pourrais faire la différence sur cette portion. C’est super motivée pour passer ces oopppss que je me suis endormie…..

Premier entraînement le lendemain :  quand j’arrive sur les oopppss je sens que je ne suis pas assez rapide car j’ai tapé les sauts du dessus, je décide donc d’amortir. Mais quand j’arrive en bas, j’ai les boules car vraiment j’avais à cœur de les passer. Ophé me dit qu’elle a réussi niquel. Du coup je remonte, couteau entre les dents pour les passer ces satanés oopppssss.

Sur le télésiège, je me répète « allez mémé, c’est facile, tu arrives souder et tu pousses tout ce que tu as. De toute façon tu ne risques rien ça passe niquel »

Deuxième passage : je suis au départ sure de moi, je pars à fond…J’arrive sur les oooppppsss, je tire tout ce que j’ai mais quand je suis en l’air je vois que je n’ai pas assez de hauteur pour passer la crête du deuxième ooppppsss et boum, j’atterris dans la montée. Tout de suite je sens l’impacte sur mon genou et j’entends le (fameux) « crac ». Première pensée « putain les jeux t’es trop conne ». Je fonce sur le côté de la piste car j’ai très mal, la douleur est forte. Je me jette par terre et je crie « j’ai mal, j’ai mal ». Quand je suis au sol, j’entends encore deux cracs. Mes deux kinés (la fouine et vince) arrivent. Ils testent mon genou, je sais déjà que c’est les croisés (vince m’avait testé le croisé quelques jours avant donc il a tout de suite vu).

Je suis assez calme, je descends en traîneau (mon premier) jusqu’au centre médical.

Vince et Charlie sont venus tout de suite me voir ce qui m’a fait du bien de ne pas être seul.

Sur place il y a Bob et Cora (deux américains) qui s’occupent de moi, ils sont vraiment très gentils. Cora me demande si je fais partie de l’équipe olympique, c’est parti, je pleure comme une madeleine !

Après avoir discuté avec Bob et Cora de leurs vies, mangé un cookies et bu mon verre d’eau, le docteur Smith arrive et là même verdict : croisés. Bon ben là j’ai plus vraiment d’espoirs, j’essaye de ne pas trop penser.

C’est ensuite jojo et ophé qui sont venues me voir au centre médical avant qu’on ne rentre toutes les trois à l’hôtel. Elles n’ont pas fait une très bonne qualif et elles m’expliquent qu’il y a eu douze filles blessées ce jour-là  et qu’elles ne sont que 27 à l’arrivée (contre 60 à la première course).

 

Après un bon petit repas, des larmes par-ci par-là, il faut que je prenne une décision. Au début je voulais rester avec le groupe jusqu’à Vancouver mais après discussion avec le staff et les autres je décide finalement de me faire rapatrier pour faire les examens nécessaires et prévoir mon opération. Quitter le groupe et surtout ma collègue jojo n’a pas été facile.

 

Toute seule dans l’avion, ce n’est pas très drôle (je ne peut pas jouer à mario kart avec jojo) mais les hôtesses sont sympa et puis vu que je suis blessée, je voyage en business (ça c’est plutôt cool). Je n’ai pas réussi à dormir dans l’avion. Trop mal au genou (et au cerveau !!!!!).

À paris, à la sortie de l’avion, une dame m’attend avec un fauteuil pour m’amener à ma correspondance puis rebelote à Genève. C’est ensuite une ambulance (baptême de brancard !) qui prend le relais pour me déposer chez le docteur Parcot (avec tous mes sacs et mes skis) à Albertville.

 

Mon genou est très enflé et plein de sang. Il décide donc de me ponctionner, il m’enlève 25 ml de sang. Et puis surtout il me donne des anti-douleurs en anti-inflammatoires (que j’avais oubliés dans l’hôtel de Lake Placid pour le voyage). Du cou, la douleur est moins présente, ça fait du bien, ça soulage.

Puis nous partons faire radios + IRM.

Verdict : de grosses contusions osseuses au niveau du plateau tibial et du fémur (c’est ça qui me fait mal), le croisé antérieur pété et des micros fissures sur les deux ménisques (ça c’n’est pas grave). Je ne pourrai donc définitivement pas courir aux Jeux olympiques…

Demain j’ai rendez vous avec mon chirurgien (le docteur Vergux à Aix-les-Bains) pour prévoir une date pour l’opération.

 

Mais vu que je suis têtue (demander à mon coach, il confirmera !!!!), j’ai décidé d’y aller quand même à Vancouver mais en tant que spectatrice. Je veux les vivre ces jeux, j’y ai tellement pensé, rêvé que je ne peux pas rester chez moi dans mon canapé à les regarder à la télé. Tout simplement impossible. Et puis mes parents, avec des amis, ont loué une maison sur place et je suis sure qu’ils auront une petite place pour moi !

 

Et oui je vais les vivre ces jeux, les vivre à fond, certes d’une autre manière que celle que j’aurai souhaité mais bon c’est comme ça !

 

Voilà donc tout ça pour vous dire que j’ai le moral, que je positive, je regarde devant. Je me dis que j’ai deux option : 1 je boude, je râle, je suis triste, ça me déprime et ça m’anéantie. 2 je m’en sers pour rebondir, pour faire des choses que je n’ai pas le temps de faire autrement.

Je choisis le 2 et c’est mon dernier mot !!!!!

La fin d’un rêve….

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site